EDITORIAL DU N°7


Hyperborée,
pour quoi faire ?


Effectivement, il serait peut- être temps de se poser la question. En vérité, ce ne sont pas les collaborateurs d’Hyperborée qui manifesteraient quelques états d’âme ou quelques doutes sur la légitimité de leurs efforts ; nous vérifions jour après jour la cohérence des connaissances que nous ont léguées nos anciens. En ce sens, nous n’avons pas de mérite à décrire, comme un film que nous connaîtrions par cœur, toutes les séquences du drame gigantesque qui se déroule sous nos yeux.
Nous sommes déjà passés au film suivant.
Mais nous avons le sentiment que notre action n’est pas perçue de façon très claire par beaucoup de ceux qui nous lisent occasionnellement ; ils ont quelques circonstances atténuantes : le monde qui les entoure, dans lequel ils vivent, diffuse de toutes parts, à tous les niveaux, dans les moindres recoins, les substances toxiques destinées à obscurcir leur jugement et à les détacher de leurs racines.
Nous avons voulu avec ce numéro préciser certaines de nos positions qui restent largement incomprises, et nous avons effectué cette mise au point sur un plan tout à fait concret ; en même temps, cela nous permet de rappeler nos motivations.
Cette livraison d’Hyperborée est donc assise sur les trois grands principes qui animent notre équipe et qui lui donnent sa détermination à poursuivre sa mission.
- Les fondations : rien ne se construit sans un socle solide et dûment sondé. Tous les numéros d’Hyperborée se sont bâtis sur ces bases.
- La permanence : on ne comprend rien au concept de « Tradition primordiale » lorsqu’on parle de « nostalgie » de l’Âge d’or. Ce concept est intimement lié au concept cyclique. Les sceptiques qui évoquent l’Âge d’or comme un temps révolu ne se sont pas dégagés de l’idéologie linéaire, ils sont dans l’illusion, celle de la perception immédiate, celle qui prend un bout de temps ou d’espace, que leur seule imagination ou leurs seuls yeux peuvent appréhender, pour la totalité. Le bout de l’horizon n’est pas la fin du monde. La Tradition primordiale est un concept intangible, éternel, cosmique, naturel, auquel nous nous référons, auquel nous accédons pour y puiser nos informations, nos principes, une conduite, une spiritualité. Ce concept est à la fois temporel : la roue tourne autour de lui puisqu’il se situe dans le moyeu, - plus l’Âge d’or est lointain, derrière nous, plus donc il est proche puisque nous y retournons- mais il est aussi spatial : plus nous nous éloignons du centre de connaissance et plus nous en approchons ; le cosmos fonctionne comme la respiration, et comme l’univers : expansion-contraction. Nous sommes actuellement arrivés au bout du rayon de la roue ; nous ne savons plus où en est le centre, il n’est plus visible. Nous sommes déboussolés. Mais c’est alors que nous sommes à nouveau aspirés vers lui ; c’est un grand saut à l’élastique.
- La reconstruction : nous préparons cette reconstruction avec les matériaux qui sont laissés à notre disposition, nous les rassemblons avec cette glaise originelle que nous ont laissée nos ancêtres, que nous allons chercher dans ces contrées du monde préservées des folies des hommes, mais pour combien de temps ?
Vous discernerez encore une fois ces trois concepts essentiels dans cette nouvelle livraison d’Hyperborée. Ils sont disséminés tout au long de ses pages.

 


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