EDITORIAL DU N°4
Terres gauloises
Notre
histoire confisquée
L’Histoire, si elle a un sens, c’est seulement celui de remettre les pendules à l’heure, de rétablir la vérité. Et, comme chacun sait, le mouvement des pendules, celui du temps, est cyclique. L’Histoire de notre monde actuel, de notre cycle finissant, fut initiée par les Hyperboréens, dont les derniers descendants connus constituaient la nation celte, fédération de peuples indo-européens dont la composante la plus importante était représentée par les Gaulois. Nous sommes arrivés à un tel degré d’ignorance et de reniement que non seulement nos enfants mais aussi nos contemporains, leurs parents et leurs grands-parents, ouvrent des yeux étonnés lorsque nous proférons une évidence qui devrait être la base d’un minimum de connaissance de notre histoire : nos ancêtres les Gaulois étaient des Celtes, qui conquirent la totalité de l’aire géographique qui compose maintenant l’Europe sans constituer pour autant un empire centralisé, ce que réussiront à faire les Romains, quelques siècles après la prédominance celte. Les Celtes se fondirent sans difficulté aux archaïques peuples autochtones lors de leurs périples, Scythes au nord, Ligures ou Ibères au sud.
Le Sud se vengera. D’abord avec les Grecs qui prennent pied à Marseille, auparavant Phocée, ou Massilia, une ville atypique, sans racines, tournée vers la mer, qui subira toutes les invasions extérieures venues de toutes les contrées méditerranéennes ; Marseille fera ensuite appel aux Romains pour se débarrasser des Salyens avec lesquels elle est en conflit, les Salyens, le grand peuple celte dont sont issus les Provençaux.
Les Romains, qui ont grande soif de terres, en profitent pour s’installer durablement en Gaule. Les Romains s’approprient les terres gauloises, les techniques gauloises, les guerriers gaulois, les femmes gauloises, le génie gaulois. Premier tour de passe-passe. L’Histoire est écrite par les vainqueurs. « On a affaire à des témoignages historiques d’une nature bien particulière, puisque ce sont ceux de leurs voisins, des peuples qui les redoutaient, les moquaient le plus souvent, quand ils ne les décrivaient pas comme des barbares exotiques. Ces témoignages écrits sont par conséquent partiels ou partiaux »1.
Mais les principaux ennemis des Gaulois sont les Gaulois eux-mêmes, enfin, certains, les plus nombreux. Les moins nombreux résisteront héroïquement à l’envahisseur. Les autres se donneront aux Romains et se dénommeront : Gallo-Romains.
Puis, par la brèche ouverte par les Romains devenus décadents, s’engouffrera une religion venue d’Orient ; les chrétiens prendront aux Celtes gaulois leurs dieux pour en faire des saints, leurs fêtes liées aux saisons pour les dédier à leur dieu unique, leurs lieux sacrés pour y implanter leurs églises. Deuxième tour de passe-passe. Après quelques milliers de têtes coupées aux derniers résistants païens, le Gaulois accepte la nouvelle religion et s’en accommode assez bien en oubliant complètement que les anciens dieux ne l’asservissaient pas. Mais il doit aimer ça, l’asservissement.
Par la nouvelle brèche ouverte par le christianisme dans le mur de notre identité pénètreront les idéologies égalitaires, celles qui nous ramènent vers le bas. La « Renaissance », qui est plutôt le début de la fin, pratiquera le culte de l’Antiquité gréco-latine pour mieux dénigrer le « barbare » gaulois et inventera l’humanisme, concept totalitaire et arrogant qui dédouane l’homme de son emprise irresponsable et suicidaire sur la nature. Les « Lumières » amèneront l’obscurantisme, les ténèbres, de la Révolution française qui inventera des « droits de l’homme universel », nouvel avatar dogmatique de l’humanisme.2
Deux guerres mondiales et fratricides réduiront encore la capacité des Gaulois devenus Français depuis bien longtemps à s’affirmer comme un peuple indépendant, conquérant et fier de ses origines.
Religions et idéologies universalistes et mortifères auront alors convaincu (et, dans « convaincu », il y a deux mots) le peuple « gaulois » de renoncer à son identité pour livrer sa terre, ses biens et ses filles à qui veut bien se donner la peine de les prendre. Excepté quelques individus lucides qui commencent à se rassembler en communautés, en « clans », la grande majorité des Français accepte désormais peut-être avec résignation, mais plus sûrement avec un enthousiasme ahuri, cette injonction.
Nous en sommes là. Il ne nous reste plus qu’une alternative. Admettre la chute, la fin de ce cycle, qui verra la disparition (brutale) de ces zombies perpétuellement collabos.
Il nous faut revendiquer et réhabiliter notre passé de Celtes et de Gaulois3 et resserrer les rangs autour des valeurs qui ont permis à nos glorieux ancêtres de conquérir la Terre afin de nous projeter dans ce monde nouveau qu’il nous appartient, encore une fois, de créer.
1- Jean-Louis Brunaux, les Gaulois, Guide Belles Lettres des civilisations.
2 - Ceux qui ont conservé l’intégrité de leurs capacités de jugement peuvent constater que tous les concepts présentés par une fin de cycle sont non seulement faux - tout ce qui brille n’est pas or - mais aussi exactement à l’inverse de ce qu’ils prétendent signifier. Nous venons d’en donner deux exemples avec la Renaissance et les Lumières. Pour ce qui est de « l’humanisme », il suffit de consulter un dictionnaire, le Larousse, par exemple : « Toute théorie philosophique sociale, politique, ayant pour but suprême le développement illimité (souligné par nous) de toutes les possibilités de l’homme ». L’Amérique prédatrice a parfaitement appliqué ce principe ; elle est le prototype d’un État humaniste et du futur gouvernement mondial que nos ennemis appellent de leurs voeux : le « meilleur des mondes » !
3 Voir nos articles dans ce même numéro. |
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