EDITORIAL DU N°3


Des peintures rupestres aux crop-circles
de l’ombre à la lumière

Les peintures rupestres nous font quelquefois penser à des graffiti qui auraient été gravés par des prisonniers qui, dans leur désoeuvrement et pour laisser une trace de leur passage, ont patiemment creusé dans la pierre les représentations de leur monde.
Qui sont ces artistes qui dessinent minutieusement dans les blés, au soleil d’été, les symboles de ces premiers peintres des cavernes ?

Les géoglyphes, dessins sur la terre, comme les archéoglyphes, dessins sur la pierre, et contrairement aux agroglyphes, dessins sur les végétaux, ne sont pas éphémères ; leur facture a été élaborée pour durer.
C’est sur des terres désolées, battues par les vents, que perdure, et l’on pourrait même dire persiste, l’une des plus extraordinaires énigmes archéologiques.
« D’étranges lignes s’étirant sur des kilomètres de désert, d’incompréhensibles figures géométriques, que l’on dirait tracées par des mains de géants, d’immenses oiseaux stylisés et des animaux démesurés, qui s’ébattent à perte de vue... » (Les derniers mystères du monde, éd. SRD).
C’est dans le sud du Pérou, sur le territoire des Nazcas, que, en 1927, Mexta Xesspe, un pilote de l’armée de l’air péruvienne, a découvert ces étranges figures qui couvrent un territoire de 500 km2. Ces lignes sont tracées par simple repoussement des pierres situées sur leur passage.

La nature, la tradition et la science

L’agroglyphe que nous représentons en page suivante, qui semble être un oiseau, paraît s’inspirer, avec plus de précision dans sa facture, du géoglyphe de Nazca. En fait, à bien y regarder, le symbolisme est bien plus complexe et c’est Paul-Georges Sansonetti qui l’explique clairement, dans l’article qu’il consacre à l’analyse des formes de ces épis phénomènes : il s’agit du scarabée égyptien poussant la boule du soleil !
Les crop circles reprennent donc les symboles traditionnels qui ont donné les quelques informations que nous avons sur les mondes anciens. Ils intègrent, en plus, et souvent avec humour, peut-être pour bien marquer ce que notre modernité a de dérisoire, quelques thèmes qui agitent notre monde contemporain.

A l’origine du monde, il y a la nature, puis la tradition, ou les traditions, une connaissance maintes fois millénaire, puis la science qui peine à rattraper les deux, handicapée qu’elle est par le dogme et la raison, et puis parce que tout a déjà été inventé et que les hommes ont tout oublié, persuadés que nos ancêtres étaient des sauvages.
Voilà ce que sont les crop circles : la représentation graphique de ces trois concepts : nature, tradition, science. Nous allons voir quelques exemples de ces images dont certaines sont d’une effarante complexité et toujours d’une beauté émouvante – nous ramènent-elles à nos origines ? - quelque soit l’idée que l’on peut se faire de ces manifestations.
Ce sont des images élaborées dans les champs de blé, comme un poinçon qui s’abat sur les épis, et impriment une marque céleste. Ils apparaissent pour la plupart sur les lieux sacrés de nos ancêtres.
Ces dessins, quelque soit leur origine, ne sont pas l’œuvre d’ignorants, encore moins de « plaisantins » mais, bien au contraire, manifestent un savoir que peu d’hommes sur Terre sont capables de maîtriser, depuis leur élaboration conceptuelle jusqu’à leur réalisation graphique, et matérielle. Les crop circles sont des images symboliques, comme des logos, des « marques » destinées à frapper l’esprit du plus grand nombre en s’adressant aux hommes dans une langue essentiellement visuelle.
D’une manière générale, le symbolisme constitue un langage universel. Le mot « universel » étant ici pris dans son sens premier. Les Terriens tentent d’entrer en contact avec d’éventuelles intelligences extraterrestres en envoyant des messages visuels dont vous avez ici la représentation de l’une des premières expériences, mais nous en reparlerons à propos du pictogramme apparu près du radiotélescope de Chilbolton, dont vous verrez dans les pages du dossier la représentation.

Le symbole s’adresse aux sens (la vue, mais aussi l’ouïe avec la musique, éventuellement des sphères) plus qu’à l’intellect. Le symbolisme est alors pleinement la langue des dieux, car s’exprimant dans et par la nature. C’est exactement ce qui se passe avec les crop circles.

Le juste véhicule de la vérité

Cette langue des dieux, nous l’avons évoqué dans le n°2 d’Hyperborée, n’est plus comprise que par un nombre restreint d’initiés, à qui il a simplement suffi, pour accéder à cette connaissance, d’accorder quelque attention à ce qui les entoure, à tendre l’oreille et ouvrir grand les yeux, car le langage des dieux s’exprime habituellement de manière fort discrète. L’Indien Coomaraswamy pense que le symbole est le « juste véhicule » pour réapprendre à connaître la vérité. Le symbole est la réunion de l’unité et de la diversité. Il est le langage des dieux car eux seuls peuvent et doivent procéder à la réunion des parties pour former le tout. Les dieux s’expriment sur la Terre à l’emplacement de failles et de fractures puisqu’il faut donc procéder à la réparation, à la réunion des deux parties séparées. Les Anciens l’avaient bien compris qui reproduisaient à l’endroit de ces cassures les éléments de la configuration stellaire. Les forces magnétiques s’unissent, en un tel lieu distingué, aux forces cosmiques. La terre rejoint le ciel. A ces endroits qui seront marqués par l’érection de mégalithes, puis de temples consacrés aux dieux, puis de cathédrales, il y a production d’énergie. Un lieu est donc sacré quand il y a fracture parce que là s’activent les dieux. Ils produisent une énergie qui fusionne les forces telluriques et cosmiques. Lorsque ces deux types de force sont reliés, il y a production de sacré. « Relier » vient du latin « religere » » qui donne le mot « religion ».
A la fin d’un cycle, tout s’accélère et tout s’obscurcit; dans le brouhaha général et l’avalanche d’images, il convient, pour se faire entendre, de hausser la voix, et le ton et, pour se faire voir, de marquer les esprits par des images belles et violentes. Et encore, nous le savons bien, il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, ni pire aveugle...

Votre revue « Hyperborée » ne cessera de tracer les voies qui nous permettront de rester ce que nous sommes, représentants de cette immanence, de cette permanence, de cette stabilité, de cette immuabilité dans ce monde agité, si bien dépeint par Guillaume Faye dans son inventaire de « fin de cycle ». Nous sommes, pour ce voyage immobile et périlleux, bien arrimés à la Terre qui nous porte, et depuis bien longtemps. La différence avec ceux qui seront emportés, c’est que nous avons, nous, des ancêtres que nous respectons. Jean Haudry, dans son article sur les Indo-Européens et le Grand Nord, nous le rappelle avec la force de sa science.

 


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