Le projet d’ «Hyperborée» :
La Voie de l’invariable milieu
par Pierre-Emile Blairon
Les principes essentiels sont enfouis sous un amoncellement de paroles, de faits et de postures tout à fait inutiles, qui ne servent la plupart du temps qu’à poser son homme, lequel, sa pirouette effectuée, s’empressera d’oublier ce qu’il a dit, fait ou écrit et s’en ira vaquer dans le monde à d’autres occupations tout aussi futiles. Certains de nos amis sont entrés dans le monde temporel et ont composé avec lui et avec ses histrions. Histoire d’avoir droit à la parole, en fait, à prononcer une phrase, voire un mot, parce qu’ils n’ont jamais eu droit au chapitre, si l’on me permet cette boutade. Il ne sert à rien de se battre avec les armes qui ont été confectionnées par nos adversaires et dont ils savent mieux se servir. Ce faisant, ceux qui croient que les idées traditionnelles –ou ce qu’ils pensent être des idées traditionnelles, qui ne sont en général que l’expression de réactions superficielles, impulsives - pourraient trouver dans la société actuelle quelque reconnaissance se bercent d’illusions. Ou nous bercent d’illusions quant à la légitimité de leur action.
L’immense domaine que nous offraient à découvrir les spiritualités pré-monothéistes n’a pas été exploré.

Nous n’avons pas assez mis l’accent sur la relativité du temps. 2000 ans, c’est une parenthèse, une seconde, dans l’histoire cosmique. Nous avons voulu travailler avec les mêmes matériaux que les archéologues, les historiens, les scientifiques conventionnels, estampillés politiquement, scientifiquement, spirituellement corrects, nous sommes passés sous les fourches caudines des tenants d’un pseudo-savoir et, quelquefois, d’une pseudo-science, alors que nous a été légué tout un savoir-faire, toute une immense connaissance et tout un langage, notamment symbolique, qui nous reste à découvrir. Notre civilisation technicienne n’est rien de plus que de la technique ; dans 10 000 ans, il n’en restera rien que du sable ; les hommes du futur ne sauront même pas que nous avons existé. Alors que Stonehenge et Lascaux sont toujours là. Nous avons privilégié la connaissance de l’histoire des hommes, dérisoire, et non celle des dieux, ou de dieu. Nous n’avons pas suffisamment fait la distinction entre les religions qui sont des inventions humaines, en premier lieu, les religions du Livre, et les spiritualités ancien-européennes qui ont, tout autant, sinon plus, de contenu et de profondeur, et beaucoup à nous apprendre, de par le simple fait qu’elles ont toujours puisé leurs références, pendant des milliers d’années, dans la nature et l’ordre, qui ne peut être que cosmique et qui est éternel. C’est vrai que nos druides n’écrivaient pas, la religion du livre, ça n’était pas pour eux.
Nos ancêtres restent toujours des barbares aux yeux des historiens et du monde en général, et même le nôtre. Nous n’en avons rien appris et ce que nous en savons, nous n’avons pas su le transmettre.
Certains autres de nos amis, résistent, font mine de retenir un mur, un rempart, les Twin Towers, un monde, qui s’écroulent ; Ils se donnent en exemple, en holocauste, aux générations futures. Ils sont les 300, Davy Crockett et le Dernier des Mohicans.
Mais il n’y aura peut-être pas de générations futures. Encore deux ou trois, au rythme où va le monde, auxquelles nous avons beaucoup plus à transmettre que la simple posture, magnifique, mais inutile, du héros et du martyr.
Nous pouvons certes pointer du doigt toute la décrépitude de ce monde qui ne va qu’en s’amplifiant, nous pouvons tous les jours pousser nos cris d’indignation, ausculter millimètre par millimètre toute la vermine qui a envahi ce grand corps malade qui est l’Europe, et bientôt le monde, et nous dire tous les jours que nous avons raison. Dénoncer en permanence les agissements de nos adversaires, ou ennemis, sans doute faut-il le faire, et beaucoup d’entre nous le font déjà très bien. Mais nous avons choisi d’effectuer une autre mission parce que nous pensons ceci :
Nous ne sommes pas dans - ni de - ce monde, même si nous y participons physiquement, nous sommes les émissaires d’un monde éternel et les héritiers de nos lointains ancêtres, et nous regardons la roue du temps qui accélère sa course vers le nadir. Nous sommes, nous, désormais, comme nos anciens, dans le moyeu, l’intangible, la permanence. Nous ne sommes plus attirés vers le tourbillon, vers ces paradis artificiels qui font et défont la vie.
Nous avons choisi la Voie
de l’invariable milieu
Nous tentons de passer à travers les mirages, les labyrinthes, les illusions, les jeux de miroir, qui ne sont que de simples manifestations de fins de cycle maintes fois vérifiées, qui ont entraîné nos peuples européens vers leur terme et qui ont eu raison de beaucoup de nos compagnons de route qui se laissent berner et se laisseront berner, encore et toujours, par le premier illusionniste qui passe, qui parle plus fort que les autres, qui fait plus de vent avec ses mains ou qui joue mieux de la flûte. Parce que certains de nos amis ne voient désormais pas plus loin que le bout de leur nez. Il n’est peut-être pas nécessaire de donner des exemples… Nous avons un devoir à accomplir : préserver l’essentiel pour faire repartir un nouveau cycle, un nouveau monde, comme cela se fait à chaque fin de cycle ; c’est une loi naturelle, il n’y a là rien d’extraordinaire. On ne plante pas dans le désert ; il faut y amener du terreau. Des hommes pour cette mission, il en faut à chaque fin de cycle. Cette fois, c’est nous. Toutes les traditions nous racontent la fin d’un cycle : après un cataclysme, naturel ou créé par les hommes, il ne reste que quelques milliers, voire quelques centaines d’individus, pour faire repartir la roue du temps. (réf. Mircea Eliade)
Nous ne sommes pas les derniers hommes, les dernières femmes de ce monde, seuls, debout au milieu des ruines. Nous sommes les premiers hommes du nouveau monde, et de la nouvelle Europe, parce que, encore une fois, c’est à nous, Européens, qu’il appartiendra de créer ce nouveau monde. Nous ne sommes donc ni passéistes ni pessimistes. Nous sommes volontaristes ; nous sommes lucides. Nous ne pensons pas à nous faire plaisir en dénonçant telle ou telle turpitude. Nous voyons clair.
Hyperborée, notre passé le plus lointain, notre avenir le plus proche.
Ça n’est pas qu’une jolie formule. Il suffit de regarder une montre, les aiguilles qui pointent leurs flèches en bas, sur le 6 (heures, minutes, secondes : 666) indiquent à la fois l’apocalypse et la révélation, selon le symbolisme chrétien, qui a hérité en partie des connaissances druidiques, c’est-à-dire la fin de l’ancien et le début du nouveau cycle, selon nos anciennes traditions. C’est l’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, le temps qui poursuit sa route cyclique. Les aiguilles d’une montre ne reviennent jamais en arrière. Hyperborée est un symbole, un concept, un principe : le lieu de la permanence, des valeurs éternelles. Le centre où vit l’homme primordial, celui qui fait tourner la roue. L’homme de Vitruve dessiné par Léonard de Vinci. Le temps est symbolisé par la montre, l’espace par la roue. Nous n’avons pas la nostalgie d’un temps révolu, d’un âge d’or que nous allons situer dans le passé le plus lointain et que nous pleurons sempiternellement, en pensant que nous n’en reverrons plus jamais les paradisiaques manifestations.
Nous savons que toute vie est cyclique ; les hommes, les civilisations, les arbres, les fleurs, les espèces, meurent et se renouvellent en permanence. Les cycles de vie sont contenus les uns dans les autres, plus ou moins importants, de nature diverse, ne commençant et ne finissant presque jamais en même temps. Ces cycles déterminent l’une des composantes fondamentales de l’ordre cosmique : sa diversité. Le chaos, le contraire de l’ordre : le désordre, est caractérisé par la fusion et la confusion. Le chaos tend vers l’uniformité, l’ordre vers la diversité et la clarté. C’est le contraire de ce qu’on veut nous faire croire.
Le début de la fin de notre cycle, le Kali-Yuga, aurait commencé, selon les Indous, 3000 ans environ avant l’ère chrétienne et s’achèvera dans les années à venir, les dizaines d’années à venir, pour les prévisions les plus optimistes (ou pessimistes, selon le point de vue).
Qu’est-ce qui caractérise une fin de cycle ? Parmi bien d’autres signes :
- L’inversion des valeurs : toutes les valeurs naturelles, spirituelles et morales sont exactement inversées.
- L’obscurcissement : la propagation de cette inversion se fait par l’endoctrinement, l’intoxication, la menace juridique et physique, le terrorisme intellectuel et d’État, la propagande. Il y a un moyen bien simple d’être au plus près de la vérité, de nos jours : lorsque les médias vont tous dans le même sens pour encenser ou pour démolir telle personne, telle idée ou telle action, la vérité se trouve exactement à l’inverse de ce qui nous est seriné. Mais il faut de toute urgence rejeter ces moyens de propagande insidieuse dont, au premier chef, la télévision. Nos amis les plus vigilants s’y laissent prendre inconsciemment.
- La résignation : de ce fait, nous entrons dans un monde d’illusions et de mensonges où personne n’est épargné. Certains sont victimes de cet abandon, de ce renoncement, de cette résignation et se donnent totalement à l’ennemi, comme un homme perdu dans le désert accepte la mort comme une délivrance.
L’Âge d’or va succéder à l’Âge de Fer, ou l’Âge du Loup, selon les anciens scandinaves, le Kali-Yuga. Cet Âge d’Or n’est pas une utopie. C’est tout simplement le retour au bon sens, à l’harmonie, à la mesure, au respect des lois naturelles, à la place de l’homme dans le monde, et chaque homme à sa place.
Les forces qui tendent à mettre en place un processus d’uniformisation du monde, si bien décrit par Aldous Huxley dans Le Meilleur des mondes, tentent d’atteindre le noyau, le moyeu de la roue afin de bloquer le processus cyclique, aidés en cela par une conjonction qui regroupe plusieurs fins de cycles importantes (ainsi, la fin du christianisme qui s’est confondu avec l’Occident). L’humanisme et ses avatars visent à mettre l’homme au-dessus de tous les règnes pour remplacer dieu et mettre en œuvre cette utopie égalitaire qui supprimera les différences et la diversité, afin que les promoteurs de cette utopie puissent mieux manipuler ces masses informes. Ils s’efforcent de déraciner les peuples ; un homme déraciné est un fétu de paille, qui s’envole avec tous les vents. Ils s’attacheront donc à nous empêcher de traverser le gué, de passer avec nos bagages – l’essentiel – d’un cycle à l’autre. Désigner et rassembler ces bagages et, ensuite, les préserver, voilà le but de notre combat. C’est ce que nous nous efforçons de faire au sein de la revue Hyperborée. Mais nous sommes encore loin de notre but, et de notre rythme de croisière. Les ouvrages que nous éditons reprennent les mêmes thèmes et forgent les armes de nos batailles. Notre combat est spirituel. C’est celui de la connaissance contre l’ignorance. Développez-le, vous aussi, par vos revues, vos discours, vos livres, vos actions, votre présence en ce monde, sans en être dupes, comme autant de lucioles qui brillent dans les nuits du solstice d’hiver. Nous pensons que tout le reste, tout ce qui se raccroche à ce monde, comme un noyé qui se tient fermement au bateau qui coule, tout le reste est du temps perdu, des vies perdues, des espoirs déçus, de l’énergie gaspillée, des simagrées et de la gesticulation. |
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