2012, la fin de notre cycle
par Olivier Martinez
Le territoire de la civilisation des Mayas s’étendait sur 400 000 km2 recouvrant des portions de plusieurs États actuels, principalement le Mexique, mais aussi le Guatemala, le Belize, le Honduras et le Salvador ; cette civilisation, probablement issue de la civilisation olmèque, aurait débuté son cycle vers 1800 avant notre ère. Selon le professeur Carmen Bernand, « contrairement à une idée répandue, les Mayas n’ont pas disparu à la fin des temps classiques (leur époque dite « classique : entre 250 et 800 de notre ère. Ndlr.). Ils ont continué à parler leur langue durant l’époque coloniale et jusqu’à aujourd’hui, même si la créativité de leurs ancêtres a disparu depuis longtemps. » Une grande partie de leurs écrits a été détruite volontairement par un franciscain en 1576, Diego de Landa. Ne restent que quatre codex, dont celui concernant leur calendrier. Ce dernier connaît de nos jours un légitime succès puisqu’il annonce la date prochaine d’une fin de cycle, exactement le 21 décembre 2012. Le calendrier, évidemment basé sur la position des astres, prévoit un alignement galactique exceptionnel à cette date. En vérité, les mayas possédaient trois calendriers, l’un divinatoire, le second solaire, et un calendrier « d’origine », en cycle long, qui a démarré le 13 août 3114 avant notre ère (selon les calculs établis par GMT, Goodman-Martinez-Thompson).
Les cycles du temps selon les Vedas (nous sommes maintenant chez les Hindous) sont partagés en quatre, tout autant que les saisons, ou les âges de la vie humaine ; Hésiode le Grec, on le sait, avait adopté aussi cette partition. Selon Hésiode, nous sommes à la fin de l’Âge de Fer et, à vrai dire, à la fin de l’Âge de Fer de l’Âge de Fer, puisque chaque Âge est lui-même divisé en quatre mêmes parties. Le dernier Âge avant le retour de l’Âge d’Or est celui où toutes les catastrophes, naturelles et humaines, sont prévisibles, où toutes les valeurs d’équilibre sont oubliées et mêmes inversées, jusqu’à nier tous les comportements qui étaient considérés comme naturels pour « privilégier » ceux qui sont apparus de tous temps comme pervers et contre-naturels, où le règne de la quantité, du matérialisme est à son point culminant. C’est le temps de la contre-tradition où toutes les folies se déchaînent avec l’assentiment des gouvernants corrompus et des peuples manipulés.
Pour les Hindous, le début du Kali-Yuga a été daté : 3102 avant notre ère (certains précisent : le 18 février 3102 avant l’ère chrétienne ; et certains autres ne craignent pas de rajouter : à 2h, 27mn et 30 secondes) ; le début de la fin de sa fin a été daté aussi : 1939. Juste au début de la seconde guerre mondiale. Certains, sans doute pour coller à 2012, font durer ce cycle 5114 ans. Les précisions vraisemblablement farfelues sur les dates en question ne décrédibilisent cependant pas une observation que tout un chacun peut faire : les dates des calendriers mentionnant les débuts de cette fin de cycle sont, à 12 années près, les mêmes, dans chacune des deux civilisations qui ne sont pas censées avoir entretenu des liens particuliers.
En ce qui concerne la date à venir, nous ne nous hasarderons pas à la ratifier, avant. Nous verrons dans quatre ans. Cependant, René Guénon qui fait Quelques remarques sur la doctrine des cycles cosmiques1 vient apporter un bémol à ces enthousiasmes ultimes : « Si la durée réelle du Manvantara (le cycle cosmique dans sa totalité, d’une durée approximative de 60 000 ans, Ndlr) était connue, et si, en outre, son point de départ était déterminé avec exactitude, chacun pourrait sans difficulté en tirer des déductions permettant de prévoir certains événements futurs ; or, aucune tradition orthodoxe n’a jamais encouragé les recherches au moyen desquels l’homme peut arriver à connaître l’avenir dans une mesure plus ou moins étendue, cette connaissance présentant pratiquement beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages véritables. C’est pourquoi le point de départ et la durée du Manvantara ont toujours été dissimulés plus ou moins soigneusement, soit en ajoutant ou en retranchant un nombre déterminé d’années aux dates réelles, soit en multipliant ou divisant les durées des périodes cycliques de façon à conserver seulement leurs proportions exactes… »
NOTES
1 René Guénon, in Formes traditionnelles et cycles cosmiques, NRF Gallimard |
|