La mort des abeilles
et la survie des hommes

par Solveig du Toureil

abeilleLa question divise les apiculteurs, les scientifiques et les politiques. Quelle est aujourd’hui l’importance de l’hécatombe d’abeilles que connaît notre planète? Car il faut bien parler d’hécatombe, le constat est là : épidémies, pesticides et émissions électromagnétiques, sans oublier la mondialisation et l’apparition en Europe de l’abeille asiatique apis ceranae porteuse de nouveaux virus, sont depuis quelques années fatales pour des milliards d’abeilles. En quelques mois, près de 60% des abeilles américaines ont disparu, 40% au Québec, 20% en Allemagne, en Suisse, en Italie et en Grande-Bretagne. En France, la détermination des apiculteurs relayés par certains médias et par des politiques au premier rang desquels Philippe de Villiers, a permis l’interdiction sur le territoire national des pesticides les plus mortifères, les fameux Gaucho et Regent de la multinationale Bayer. Contre l’avis de la Commission de Bruxelles, qui, contre toute évidence, continue de les dédouaner de toute responsabilité...
De fait, la mortalité des abeilles est chez nous de moindre niveau, après la catastrophique décennie 1995-2005 qui voyait chaque année mourir empoisonnées 400 000 apis mellifera. Pour autant, la surmortalité continue dans certains terroirs et les ruches produisent moins. Indéniablement.
Et pire que tel ou tel pesticide, c’est sans doute aujourd’hui la combinaison d’agents pathogènes qui provoque l’affaiblissement des abeilles, l’accroissement de leur vulnérabilité aux virus et parasites parfois incorporés à des pesticides chimiques pour combattre certains insectes ravageurs et, à terme, leur mort.. L’effet de cascade ne sera certainement pas amélioré par les biopesticides produits par les plantes génétiquement modifiées. On n’en sort pas !
Sans interdiction massive des pesticides sytémiques, il y a fort à parier que les scientifiques et les biologistes se trouveront engagés dans une course de vitesse destinée à répondre avec le plus de réactivité possible aux déréglements en chaîne créés par les avancées scientifiques du productivisme...Faute de quoi, il y aurait à s’inquiéter. Einstein avait en effet souligné la relation de dépendance existant entre l’espèce humaine et les abeilles : sans butineuses, pas de pollinisation d’un grand nombre d’espèces végétales nourrissant l’humanité, plus de fruits ni de légumes ! Arrivée sur terre 60 millions d’années avant l’homme, l’abeille est aujourd’hui indispensable à sa survie. Ne l’oublions pas.

 


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